I] DÉFINITION : (C.D.C d’Atlanta U.S.A)
L’infection Nosocomiale est une maladie d’origine Bactérienne, Virale, Fongique, ….., qui se définit comme une infection contractée par un Malade Hospitalisé et qui n’était ni présente ni en incubation lors de son admission.
Une infection sera considérée comme nosocomiale si elle apparaît plus de 48 Heures après le début de l’Hospitalisation.
Le lieu d’apparition peut être l’hôpital ou le domicile après la sortie du patient :
· Jusqu’à 30 jours pour une infection des plaies opératoires après une intervention chirurgicale ou,
· L’année qui suit l’intervention en cas de chirurgie avec prothèse ou implant.
II ] INTERET DES I.N :
Les I.N sont un Problème de santé publique
· Leur Fréquences : surtout dans les pays en voie de développement ou le niveau d’hygiène ne s’est pas amélioré parallèlement a l’introduction de nouvelles techniques.
· Leur Gravité : apparition d’une ATB résistance et d’une plus grande vulnérabilité des patients (âge – pathologie associée – médicaments reçus).
· Leur coût économique et social.
· Leur polymorphisme clinique, bactériologique et des axes de lutte.
· De la difficulté de leur contrôle : nécessite de la mise en œuvre de moyens importants (formation – information – système de surveillance – structures – équipements & matériel ….
· Des conséquences Médico-légales.
· Leur chimiorésistance.
· Leur impact sur la qualité des soins.
III] INDICATEURS DU PROBLÈME :
1)) Indicateur Directs :
(A) Morbidité :
Dans le Monde : l’Incidence Globale est estimée 5 à 10 %.
La Prévalence instantanée 1 à 20 % et varie en fonction des Services & des Etablissements :
· En Chirurgie 2 à 15 %.
· En Réanimation 30 à 35 %.
· En Médecine 1 %.
· En Pédiatrie l’Incidence est Inversement corrélée a l’âge.
U.S.A (étude) 5 à 10 % de tous les patients H contractent une I.N .
Canada 7,9 % des I.N contractées à l’hôpital.
Europe 9 à 12 %.
Tunisie 2,5% (d’après une enquête en 1992 menée dans Services).
Maroc 15% (services de chirurgie).
En Algérie :
Nous ne disposons pas donnée Nationales.
Des enquêtes menée à Alger à prévalence 14 à 25 %.
(B) Mortalité :
Celle liée a ces I.N est de 2 à 8 % en France (comparable a celle provoquée par les accidents de la circulation (10.000 décès par An).
2)) Les Indicateurs Indirectes :
1. COUT DES INFECTIONS NOSOCOMIALES.
· U.S.A : 5 à 10 Milliards de $ pour 200 Millions d’habitants.
· Allemagne : 1 Milliard de D.M.
· G.B : 150 Millions de L.S.
· France : 2,5 à 5 Milliards de F / An.
· Algérie : CHU Alger centre :
1 malade hospitalisé sur 4 et 1 malade opéré sur 2 doit être guéri deux fois. Le coût de la prise en charge de l’infection est parfois supérieur au coût de la maladie (surcoût pour une infection sur prothèse de hanche 85.000FF, une estimation du coût induit par les journées d’hospitalisation attribuées au I.N a été évaluer a 90 millions de dinars en 1996).
· Les pertes occasionnées par les maladies professionnelles.
· Les pertes occasionnées par la fermeture des services.
· Les dépenses d’investissement pour faire face a des situations d’urgence.
· Des coût indirectes qui sont difficilement évaluables tels :
à Les pertes de productivité, les incapacité temporaires, le
préjudice moral, le décès et les frais de justice.
IV] ÉPIDÉMIOLOGIE DES I.N :
1)) La Chaîne Epidémiologique :
LES AGENTS PATHOGENES :
* LES PRINCIPAUX AGENTS PATHOGENES appartiennent
· A la flore hospitalière (flore du malade et du personnel hospitalier)
· A des germes de l’environnement (sol – objets – air …..)
Il s’agit surtout de Bactéries, mais d’autres germes jouent un rôle non
Négligeable (champignons – virus – agents non conventionnels), les
bacilles Gram (-) sont responsables de 50 % des I.N.
* CARACTERISTIQUES DES GERMES :
Grande résistance dans le milieu extérieur (air – eau – aliments et matériel).
Grande résistance aux ATB et parfois au Antiseptiques.
Une large diffusion dans la structure de soins.
LE RESERVOIR DE GERME :
L’HOMME est le réservoir de germe le plus important ( il est naturellement colonisé par 100.000 milliards de bactéries dans le Tube digestif, 1000 milliards de bactéries sur la peau sans compter les champignons et les virus).
L’HOMME PORTE, CULTIVE, ESSAIME ET TRANSMET.
Le transmetteur peut être :
L’homme malade source de sa propre infection (flore originale ou remaniée).
L’homme malade source d’infection pour les autres malades (hétéro infection).
Les porteurs de germes nouveaux dans la communauté hospitalière (les nouveaux malades, le personnel, les visiteurs).
Le cadavre, sa manipulation par le personnel sans précautions particulière peut en faire une source potentielle d’infection.
LE MILIEU EXTERIEUR, Source d’exo Infection
Il est souvent difficile de délimiter le rôle de réservoir du rôle de simple véhicule de l’infection.
Souvent le milieu extérieur joue le rôle de réservoir (atmosphère confinée).
LA TRANSMISSION :
Les Voies de pénétration et de sortie.
- Respiratoire .
- Cutanéo Muqueuse.
- Entérique.
- Parentérale.
§ Trois portes d’entrée favorisent les cas d’infection (51,2 %) =
- Sondes vésicales.
- Intubation.
- Cavités naturelles.
LES MODES DE TRANSMISSION :
1- Direct :
a. Par auto infection endogène.
b. Par contact direct avec les autres malades ou porteurs sains.
2- Indirect :
(1) Par le Biais de Véhicule :
a. Voie aérienne aérobio-contamination :
(1 gramme de poussière = 1 milliard,500 millions de bactéries et 1 bactérie se multiplie en 20 à 30 mn)
b. L’eau :
Insuffisance parfois de la qualité bactériologique du réseau d’eau
potable.
Contamination des distributions d’eau stérile au niveau des blocs
opératoires.
Contamination des solutés de perfusion.
Contamination des liquides de dialyses.
c. Les aliments :
Contamination soit à l’origine, ou au moment de la préparation, de la conservation, et même au cours de la manipulation dans le service.
d. Les médicaments : A.T .S, Pommade, Savon ……
e. Le mobilier et le matériel : Incubateurs, Humidificateurs, ……
(2) Par la Voie de Contact :
C’est la voie la plus importante,
Elle représente 80 % de la contamination en milieu hospitalier.
La plus importante = manu portée.
(étude réalisée par l’I.P.A entre 1980 et 1986 è elle retrouve sur les prélèvement effectués sur les mains du personnel soignant des germes banaux ainsi que d’autres hautement pathogènes tels que Staphylocoque doré – Pyocyanique – streptocoque béta-hémolytique – des Entérobactéries) ces germes ont été isolés avant et après lavage.
(3) Par Inoculation :
Inoculation par le personnel au cours d’actes thérapeutiques :
Injection- Cathétérisme – Sondage et autres Techniques invasives avec du matériel souillé ou par une insuffisance d’asepsie au cours de gestes thérapeutiques.
LES PRINCIPAUX AGENTS INFECTIEUX
Agent Pathogènes
| Espèce
| Fréquence %
|
Bacilles Gram (-)
|
| 11,9
|
Colibacille
| Escherichia Coli
| 18
|
Pseudomonas
| Pseudomonas Aéruginosa
| 12,4
|
Klebsielle
| Klebsiella Pneumoniae
| 6,7
|
Protéus
| Protéus Mirabilis
| 6
|
Serratia
| Serratia
| 2,7
|
Entérobacter
| Entérobacter Cloacae
| 2,3
|
Cocci Gram (+)
|
| 6
|
Entérocoque
| Stréptococcus faecalias
| 21
|
Staphylocoque
| Staphylocoque Auréus
Staphylocoque epidermidis
| 9
|
Levures
|
| 4
|
AGENT INFECTIEUX Bactériens - Fongiques – Viraux - Parasitaire